Les
Saintes-Maries de la mer en 1888
« Villa de la Mar » devenue « Nostra
Dama de la Barca », puis « Les Saintes-Maries-de-la-Mer »,
compte environ 800 habitants en 1888.
Près de deux cents maisons entourent la belle église
romane fortifiée, un site défensif et un haut lieu
de pèlerinage depuis le douzième siècle.
Isolé
entre le Rhône et la mer, excentré, éloigné
des villes de l’intérieur, le village est
pauvre. Peuplé d'une majorité de pêcheurs
qui partagent leurs temps, l'hiver dans les marais (muges) et
l'été à la pêche aux maquereaux, il
compte aussi de nombreux gardians
(8000 têtes de taureaux) et des petits paysans qui cultivent
de la vigne, un peu de seigle et du riz.
Le seul moulin encore présent dans le village n'est plus
exploité depuis 1882.
Un service de poste (distribution de télégrammes
depuis 1884) et de diligences sont en activité ainsi qu'un
bureau de bienfaisance et un officier de santé.
Une école de garçons, une de filles confiée
à des religieuses et une maternelle regroupent depuis 1883
près de deux cents enfants.
Quelques fonctionnaires sont attachés au village.
Logés dans la caserne face à la mer, quatre
à cinq gendarmes et quelques douaniers ont fort à
faire pour surveiller les dizaines de kilomètres de rivage.
Quelques réverbères
éclairent les rues depuis 1886 et le
pavage des rues est encore en cours quand Vincent arrive.